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Insuffisance respiratoire – Qu’est-ce que c’est ?

February 20, 2014 by Posted in: Insuffisance respiratoire

L’insuffisance respiratoire est l’incapacité chronique du système respiratoire à assurer l’oxygénation du sang et, dans une certaine mesure, le rejet du gaz carbonique.

L’insuffisance respiratoire chronique (IRC) est un problème de santé individuelle et publique très important, car elle compte parmi les cinq causes les plus fréquentes de décès ; 40 000 personnes sont dépendantes de l’oxygène. La respiration est indispensable à la vie : elle sépare l’oxygène de l’air ambiant, de façon à permettre l’utilisation de substances énergétiques pour la vie des cellules qui nous composent. Elle assure le rejet du gaz carbonique.

Les mécanismes de l’insuffisance respiratoire

Le système respiratoire peut être divisé en deux sous-systèmes, de façon arbitraire :

• un système mécanique, composé de la cage thoracique (côtes, sternum, diaphragme, muscles intercostaux…) et des voies aériennes de conduction de l’air (trachées, bronches) ;

• un système d’échange gazeux entre l’alvéole pulmonaire et le sang.

Trois mécanismes physiopathologiques peuvent entraîner l’insuffisance respiratoire chronique :

• Incapacité de la cage thoracique, pour différentes raisons : atteinte du squelette (cyphoscoliose, séquelles de traumatisme thoracique) ; maladies neurologiques atteignant le système nerveux central (atteinte du tronc cérébral) ou périphérique (paralysies neuromusculaires : myopathie, tétraplégie, paralysie diaphragmatique). Ces maladies entraînant une diminution des volumes pulmonaires mobilisables, se caractérisant par un trouble ventilatoire restrictif.

• Anomalie de la conduction de l’air : l’air est ralenti à cause du rétrécissement du calibre des bronches. Il s’agit du trouble ventilatoire obstructif, de la bronchite chronique, de l’emphysème.

• Anomalie du transfert des gaz entre l’alvéole et le sang : la surface d’échange est réduite par la diminution ou l’obstruction des vaisseaux sanguins (embolie pulmonaire). Il existe un frein à la diffusion des gaz au niveau de la membrane alvéolo-artérielle (fibrose interstitielle pulmonaire diffuse).

Les insuffisances respiratoires sévères mais passagères, survenant après une opération chirurgicale, des traitements médicaux comme la radiothérapie, ou un grave accident, ne font pas partie des maladies chroniques graves, du fait du retour à la normale de la fonction respiratoire après le traitement adapté.

La gazométrie artérielle permet de définir l’insuffisance respiratoire chronique grave : le taux de l’oxygène dans le sang sera inférieur à 55 mmHg, ce résultat étant stable sur deux prélèvements effectués à 2 mois de distance.

Les symptômes de l’IRC

L’IRC se manifeste par un essoufflement. Cet essoufflement, étant subjectif, n’est pas toujours corrélé avec la gravité de la maladie. On utilise une échelle de dyspnée pour quantifier le handicap respiratoire, la dyspnée correspondant à la sensation du manque de respiration.

Il s’ensuit une diminution des possibilités physiques. Le malade diminue progressivement ses efforts, afin de ne pas se mettre dans une situation désagréable de stress respiratoire. Il ne peut répondre à l’augmentation du travail des muscles. L’augmentation de la ventilation et des échanges gazeux, en particulier la captation de l’oxygène dans l’air ambiant, ne se fait plus aussi efficacement.

La toux et l’expectoration sont souvent associées à l’essoufflement, car la bronchite chronique post-tabagique est à l’heure actuelle une cause majeure de l’IRC.

On constate également des infections respiratoires à répétition, des maux de tête au réveil, une perte de poids et d’appétit (car le repas et sa digestion deviennent fatigants), un amaigrissement, lié à l’augmentation du travail des muscles respiratoires qui consomment beaucoup de réserves énergétiques.

Lorsque la maladie s’aggrave, ou à l’occasion de décompensations souvent dues à des infections, l’augmentation du gaz carbonique dans le sang entraîne des manifestations neurologiques (insomnie nocturne et endormissement dans la journée, perte de la mémoire, irritabilité de l’humeur, tremblements des mains excessifs), des sueurs et une coloration bleue (cyanose) des lèvres ou des ongles…

Lors de décompensations sévères, l’organisme ne pouvant plus s’adapter, il peut se produire un coma pouvant aller jusqu’au décès.

Les traitements de l’IRC

Le traitement est l’apport d’oxygène, par différentes méthodes de ventilation, qui va pallier la défaillance du système respiratoire et donc oxygéner le sang de façon satisfaisante. Mais il ne doit pas se limiter à ce seul moyen : la prise en charge doit être précoce du fait d’une évolution possible vers la sévérité de la maladie, permanente en raison de sa chronicité, individualisée en raison de la situation clinique de chacun, du retentissement physique et social.

Le traitement s’appuiera aussi sur la diminution du handicap respiratoire, en redonnant aux malades la capacité de gérer ses efforts physiques : apprentissage de la maladie et des traitements ; prise en charge psychologique de l’individu face à la diminution de façon irréversible de ses possibilités ; reprise de l’exercice physique afin de rompre le cercle vicieux du déconditionnement musculaire.


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