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Ma fille de 3 ans est hyperactive

Une lectrice nous écrit : “Notre fille de 3 ans ne peut pas rester immobile, ne serait-ce qu’une minute : elle est extrêmement agitée toute la journée. C’est épuisant pour toute la famille. Nous ne savons pas comment l’aider et en même temps nous sommes un peu réticents à lui faire suivre un traitement médicamenteux, si cela existe, surtout si jeune !”

L’hyperactivité : qu’est-ce que c’est ?

L’hyperactivité de l’enfant se caractérise par des activités motrices importantes et désordonnées. L’enfant a des conduites impulsives et des réactions agressives envers l’entourage. Des troubles de l’attention peuvent également perturber sa scolarité. L’enfant hyperactif est intelligent (avec un Q.I. souvent supérieur à la moyenne) et présente une imagination et une créativité remarquables. Malheureusement, ces avantages potentiels sont limités du fait de l’instabilité émotionnelle et de la difficulté à se concentrer.

A quoi c’est dû ?

On ne connaît pas les causes exactes de l’hyperactivité. Des recherches sont en cours pour évaluer le rôle de la génétique dans cette affection qui serait liée à un dysfonctionnement cérébral.

Que faire ?

Actuellement en France, le traitement médicamenteux de référence est la méthylphénidate qui, presque paradoxalement, est un stimulant du système nerveux central. Ce médicament, réservé à l’enfant à partir de 6 ans, a un effet spectaculaire sur l’ensemble des troubles et lui permet d’avoir une scolarité normale. Sa prescription est néanmoins limitée à certaines médecins spécialisés (pédiatres neuro-psychiatres…).
Chez les enfants plus jeunes, une prise en charge spécialisée (par un pédopsychologue ou un pédopsychiatre) paraît tout à fait souhaitable.

Un enfant qui bégaie : comment réagir ?

Le bégaiement est un trouble du langage qui touche 1% de la population française. Si elle n’est pas prise en charge, cette affection peut s’avérer extrêmement gênante et préjudiciable dans la vie courante. La première consultation dédiée au bégaiement vient d’ouvrir à l’Hôpital Européen George Pompidou à Paris.

Le bégaiement est un trouble de la communication verbale. Il apparaît généralement au moment où le langage se constitue, soit entre 2 et 5 ans. Il peut aussi se manifester à l’entrée à l’école primaire ou au début de l’adolescence. Si rien n’est entrepris, sur quatre jeunes enfants qui commencent à bégayer, un restera bègue à l’âge adulte. A l’heure actuelle, aucun moyen ne permet d’identifier lequel.
Or, si le bégaiement n’affecte en rien l’intelligence, il provoque chez l’enfant et dans son entourage des réactions et des sentiments négatifs. Il peut gâcher une vie. C’est pourquoi un début de bégaiement nécessite une prise en charge adaptée.

Agir sans dramatiser

Chez le jeune enfant, des épisodes de dyslexies sont fréquents en cours d’acquisition du langage. Mais il ne faut pas les minimiser pour autant. Si votre enfant commence à bégayer, il est recommandé de faire le point avec un spécialiste des troubles du langage. Celui-ci vous guidera dans la manière d’aider votre enfant.
A qui vous adresser ? Votre pédiatre ou votre médecin traitant vous orientera vers un orthophoniste ou un phoniatre. Une consultation auprès d’un psychologue ou d’un pédo-psychiatre peut également s’avérer nécessaire si l’enfant présente des troubles psycho-affectifs ou si le contexte familalial paraît difficile.

Comment intervenir ?

Un type de traitement associe activement les parents : c’est la guidance parentale. Elle a pour but d’éviter qu’un bégaiement récent ne perdure chez l’enfant.
Le spécialiste accompagne les parents dans la prise en charge du bégaiement de leur enfant. Il leur conseille les comportements à adopter au moment des accidents de parole, il fait le point sur la communication dans la famille. La consultation permet également de s’assurer que le niveau d’exigence éducative n’est pas trop élevé vis-à-vis de l’enfant.
Cette approche s’avère extrêmement efficace surtout si elle est entreprise dès le plus jeune âge. Elle permet très souvent d’éviter aux enfants un futur très douloureux en un nombre limité de séances.

Grossesse extra-utérine : urgence !

La grossesse extra-utérine constitue toujours une urgence médicale. Elle doit être diagnostiquée le plus tôt possible pour limiter le risque de lésions.

Qu’est-ce que c’est ?

Lorsque la fécondation se déroule normalement, l’ovule et le spermatozoïde se rencontrent dans l’une des deux trompes de Fallope. L’oeuf fécondé descend alors jusqu’à la cavité utérine puis il s’implante dans la muqueuse utérine où il se développe.
Il arrive parfois que l’oeuf fécondé s’installe ailleurs que dans l’utérus : c’est la grossesse extra-utérine. L’oeuf reste coincé dans une trompe de Fallope (on parle aussi de grossesse tubaire), où il grossit et commence à secréter l’hormone de la grossesse (hormone gonadotrophique chorionique ou HCG). Mais à la différence de l’utérus, la trompe n’est pas faite pour abriter l’embryon. A mesure que l’oeuf se développe, la trompe se distend et risque de se fissurer, voire même de rompre. Le diagnostic précoce est donc primordial pour éviter le risque d’hémorragie interne.
Plus rarement, une grossesse extra-utérine peut être liée au développement de l’oeuf dans l’ovaire ou dans la cavité abdominale.

Quels sont les facteurs de risque ?

Certaines circonstances ou maladies peuvent favoriser l’apparition d’une grossesse extra-utérine :
La migration normale de l’oeuf peut être entravée par une malformation d’une ou des trompes, une infection des trompes (salpingite) ou encore une endométriose. Un stérilet, une procréation médicalement assistée ou une chirurgie de la stérilité peuvent également être incriminés.
Les antécédents : une femme qui a déjà fait une ou plusieurs grossesses extra-utérines est davantage exposée.
L’âge de la mère : le risque de grossesse extra-utérine augmente sensiblement à partir de 40 ans.
Le tabagisme perturbe tous les mécanismes de migration de l’oeuf fécondé. A titre d’exemple, on considère que le risque de grossesse extra-utérine est multiplié par 3 lorsque la femme fume 20 cigarettes par jour. En outre, la nicotine diminue les défenses immunitaires et favorise donc les infections.

Quels symptômes ?

Les symptômes sont assez communs : douleurs, saignements. C’est pourquoi, il est assez difficile de distinguer les symptômes du début d’une grossesse extra-utérine de ceux d’une grossesse qui se déroule ”normalement”. En effet, les douleurs abdominales ressenties en début de grossesse ne signalent pas forcément une pathologie ; et des saignements peuvent survenir au premier trimestre de la grossesse sans pour autant être synonymes de gravité. On peut aussi les confondre avec les règles chez les femmes qui ont des cycles irréguliers ou longs.
Il faut cependant rester très vigilante : consultez un médecin rapidement en cas de douleurs abdominales basses, unilatérales, peu ou très violentes, qui s’accompagnent ou non de saignements vaginaux, même peu abondants.
Attention : la grossesse extra-utérine est un cas d’urgence. Si elle n’est pas traitée à temps, elle peut entraîner une stérilité, voire même menacer la vie de la femme. En cas de douleurs de plus en plus fortes ou de saignements hémorragiques (voire de vertiges ou de perte de connaissance), rendez-vous immédiatement dans un service médical d’urgence.

Quel traitement ?

Une hospitalisation est indispensable. Plus le diagnostic est précoce, moins le risque de lésions consécutives est important.
Différents examens sont réalisés pour confirmer le diagnostic : examen clinique, échographie, analyses sanguines (dosage de l’hormone de grossesse), éventuellement coelioscopie.
Le traitement repose le plus souvent sur l’intervention chirurgicale qui permet d’extraire l’oeuf et d’enlever au besoin les parties lésées de la trompe. Lorsque cela est possible, l’intervention est pratiquée sous contrôle endoscopique ce qui permet de limiter les incisions. Une transfusion sanguine peut être nécessaire en cas d’hémorragie importante.
Dans certains cas de diagnostic précoce, on injecte dans la trompe une substance qui stoppe la grossesse : une surveillance médicale rigoureuse et rapprochée est alors indispensable.
Un soutien psychologique peut être nécessaire pour accompagner la maman pendant cette période difficile ou après, afin qu’elle puisse envisager sereinement une nouvelle grossesse.

Comment corriger l’astigmatisme ?

L’astigmatisme provient généralement d’un défaut de la cornée, plus rarement du cristallin : on parle d’astigmatisme cornéen et d’astigmatisme cristallinien. La vision est floue à toutes les distances, les lettres se confondent. Quels sont les moyens d’y remédier ?

Qu’est-ce que c’est ?

L’astigmatisme se traduit par une vision imprécise de près comme de loin. La personne qui en souffre ne perçoit pas nettement les contrastes entre les lignes horizontales, verticales ou diagonales. En particulier : elle confond les lettres proches comme H, M, N ; ou encore les chiffres 8 et 0. Un point prend la forme d’un petit trait. L’image, floue, se distend en hauteur ou en largeur.
L’astigmatisme peut être associé à d’autres problèmes visuels comme la myopie ou l’hypermétropie. Elle peut provoquer fatigue oculaire et maux de tête.

Quelles causes ?

C’est la courbure de la cornée qui est à l’origine de l’astigmatisme : elle est ovale plutôt que ronde. En vision normale, cette membrane antérieure de l’oeil a la même courbure dans toutes les directions : le système optique est sphérique.
En cas d’astigmatisme, la face avant de la cornée est déformée : la courbure est plus prononcée dans une direction que dans l’autre. L’erreur de réfraction qui en résulte provoque des images simultanément devant et derrière la rétine. La vision est déformée ou brouillée.
Un astigmatisme léger peut survenir à n’importe quelle période de la vie. Il n’exige pas nécessairement de correction. En revanche, un astigmatisme prononcé est généralement héréditaire, ou peut aussi apparaître après certains “traumatismes” comme un accident, une intervention de cataracte, une greffe…

Comment le corriger ?

L’ophtalmologiste prescrit des lunettes pour neutraliser ou contrebalancer la distorsion causée par la cornée, et corriger un éventuel défaut supplémentaire (myopie, hypermétropie).
Le verre utilisé est cylindrique, orienté suivant un axe noté en degré. Pour une correction durable, il est préférable que les verres ne soient pas circulaires afin qu’ils ne tournent dans la monture des lunettes.
La chirurgie réfractive reste l’ultime solution pour les astigmatismes prononcés.

Et les lentilles ?

Il existe aujourd’hui des lentilles de contact dites toriques qui corrigent l’astigmatisme. Elles permettent de restaurer une courbure adaptée au niveau de la cornée.
Certaines lentilles souples réussissent à corriger un astigmatisme léger. Les lentilles rigides sont en revanche plus efficaces dans les cas d’astigmatisme prononcé.

Blépharite : l’inflammation des paupières

La blépharite correspond à une inflammation du bord des paupières. Elle est dans la majorité des cas d’origine microbienne.

Qu’est-ce que c’est ?

Cette inflammation du bord des paupières provoque un eczéma séborrhéique et un infection bactérienne.
Dans la majorité des cas, le staphylocoque est à l’origine de l’inflammation. Cependant, le mal peut parfois provenir d’une irritation par poussières ou vapeurs chimiques, voire d’un état allergique.
Les blépharites sont très contagieuses d’une personne à l’autre, et récidivent facilement.
Les personnes qui souffrent de blépharite ont souvent des antécédents d’orgelets ou de chalazions.

Quels symptômes ?

Ils sont essentiellement localisés au niveau des paupières.
Rougeur, gonflement des paupières.
Sensations de brûlures, picotements, démangeaisons.
Larmoiement, intolérance aux lumières vives, impression d’un corps étranger dans l’oeil.
Fréquentes formations de petites vésicules ou de squames (voire de croûtes).
Les paupières sont collées au réveil.
Attention au risque d’ulcération des paupières (avec atteinte potentielle de la cornée). Des cicatrices secondaires peuvent faire perdre les cils.

Que faire ?

Le matin, appliquez localement des compresses humides tièdes pour nettoyer les yeux des sécrétions.
Consultez votre ophtalmologiste qui pourra vous prescrire un traitement local antibiotique et/ou antiinflammatoire (sous forme de pommade ophtalmique).
Si les soins locaux ne suffisent pas, un traitement antibiotique par voie générale pourra être envisagé.
Homéopathie : Staphysagria 5 CH (3 granules matin, midi et soir).

CONSEILS PRATIQUES

Ne vous frottez pas les yeux au risque d’étendre l’infection de la paupière à la conjonctive ou au globe oculaire.
Adoptez une hygiène rigoureuse des objets de toilette (gants, serviettes, linges divers).
Ne négligez pas vos produits et accessoires de maquillage : jetez tous ceux dont la date d’utilisation est périmée.

Chalazion : à surveiller

Cette petite boule située sous la paupière supérieure ou inférieure, grossit progressivement et peut gêner la vue.

Qu’est-ce que c’est ?

Un chalazion est une petite masse indurée et mobile, qui apparaît sous la peau de la paupière supérieure ou inférieure. Dans la majorité des cas, il se limite à un seul côté. La tuméfaction grossit avec gêne visuelle progressive et peut disparaître spontanément.
Le chalazion est généralement lié à l’obstruction d’une glande située dans la paupière.
Il est indolore sauf s’il se complique d’une surinfection, parfois dangereuse pour l’oeil.

Quels symptômes ?

Le chalazion donne la sensation d’avoir un corps étranger dans l’oeil.
L’oeil picote, brûle, larmoie, est intolérant aux lumières vives.
La paupière gonfle avec perception d’une boule ferme, qui roule sous le doigt et reste indolore en l’absence d’infection.
En cas d’infection, la paupière devient douloureuse avec difficultés visuelles. L’oedème s’étend à toute la paupière. Une conjonctivite réactionnelle apparaît.

Que faire ?

Consultez votre ophtalmologiste pour mettre en place un traitement local : pommades ophtalmiques (antibiotique et antiinflammatoire), collyre anti-infectieux.
Si le chalazion ne régresse pas en quelques semaines ou continue à grossir, une ablation chirurgicale pourra être envisagée sous anesthésie locale.
Homéopathie : Staphysagria 7 CH et Myristica 5 CH (3 granules 4 fois par jour en alternance).

CONSEILS PRATIQUES

En cas de surinfection, il est conseillé de rechercher un éventuel diabète méconnu.
Pour éviter les récidives, votre médecin pourra vous conseiller un vaccin préventif anti-staphylococcique.

Conjonctivite : attention les yeux !

Paupières collantes et gonflées, blanc de l’oeil qui devient rouge, démangeaisons … Il s’agit peut-être d’une conjonctivite.

Qu’est-ce que c’est ?

La conjonctive est la membrane transparente qui recouvre la face interne des paupières et le pourtour du globe oculaire. Elle peut être le siège d’inflammations, qu’on appelle des conjonctivites. Les conjonctivites sont fréquentes et souvent bénignes.
La conjonctivite peut être d’origine infectieuse (bactéries), virale, parasitaire ou allergique, parfois parasitaire.
Dans la majorité des cas, la conjonctivite est liée à des germes de contact : doigts sales, linge de toilette souillé, projection de poussières, d’une infection par les voies nasales ou d’un état allergique (rhume des foins).

Quels symptômes ?

Première manifestation majeure d’une conjonctivite infectieuse : les paupières collent (surtout au réveil). Le blanc de l’oeil devient rouge. Un gonflement de la paupière peut survenir, gênant la vision. Des démangeaisons locales ou une sensation de “sable” incitent à se frotter l’oeil, ce qu’il faut éviter.
En cas de conjonctivite d’origine allergique, les sécrétions sont claires. Elles surviennent brusquement sous forme de larmoiements intenses et peuvent disparaître en quelques heures.

Que faire ?

Nettoyez localement et décollez les cils au moyen d’une compresse stérile imbibée de sérum physiologique ou d ‘eau bouillie. Puis instillez quelques gouttes de collyre antiseptique (disponible en pharmacie). Attention : une fois ouvert, les collyres oculaires ne doivent pas être conservés plus de 15 jours, car ils sont susceptibles d’être contaminés. Vous ne pouvez donc pas reprendre un ancien flacon déjà utilisé.
Consultez votre ophtalmologiste car le traitement diffère selon l’origine de la conjonctivite : collyres antibiotiques en cas de conjonctivite infectieuse, collyres antiseptiques et antibiotiques pour prévenir les surinfections en cas de conjonctivite virale, collyres antiinflammatoires et désensibilisation en cas de conjonctivite allergique.
Homéopathie, en attendant de consulter ou en plus du traitement local : Belladonna 5CH et Euphrasia 5CH (3 granules de chaque, à prendre simultanément toutes les 2 heures pendant 24 heures, puis 3 fois par jour).
Si la conjonctivite persiste, votre médecin pourra faire effectuer un prélèvement local.

CONSEILS PRATIQUES

Consultez toujours un médecin si la conjonctivite touche un enfant.
Évitez surtout de vous toucher les yeux avec les doigts.
Autant que possible, évitez d’utiliser à plusieurs les mêmes serviettes de toilette. Un impératif à respecter scrupuleusement lorsque vous avez une conjonctivite pour ne pas contaminer toute la famille !
Consultez rapidement un ophtalmologiste en cas de conjonctivite qui s’aggrave. D’une part, pour la mise en place d’une antibiothérapie si nécessaire. D’autre part, parce qu’une conjonctivite qui s’accompagne d’un oeil de plus en plus rouge et douloureux, surtout de façon unilatérale, peut masquer une crise de glaucome.

Daltonisme : quand les couleurs se confondent

Le daltonisme est un trouble héréditaire qui concerne la vision des couleurs.

Le diagnostic est indispensable pour aider les enfants et les adultes qui en sont atteints à gérer leur vie quotidienne.

Qu’est-ce que c’est ?

Le daltonisme est un trouble héréditaire qui concerne la vision des couleurs : le daltonien ne perçoit pas certaines couleurs ou éprouve de la difficulté à différencier certaines d’entre elles. Les personnes atteintes compensent l’absence de perception des couleurs en développant leur propre système de référence : les nuances manquantes sont remplacées par différentes nuances de gris.
Le daltonisme n’affecte pas les autres fonctions de la vue. Il perdure toute la vie sans s’aggraver ni s’améliorer. Il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement qui permettent de rétablir une vision normale des couleurs.
Le daltonisme prédomine chez les hommes (il touche 8 % des hommes et 0,45 % des femmes).

Les couleurs en cause

Lorsqu’il est doté d’une vision normale, l’être humain est capable de percevoir 15 000 nuances. La vision colorée résulte de la perception des 3 couleurs fondamentales : bleu, vert et rouge. Leur combinaison permet de former toutes les teintes de la palette.
Un daltonien ne perçoit généralement que 2 couleurs dominantes. Sa vision colorée en est modifiée. Le cas le plus fréquent est celui où l’individu ne fait pas la distinction entre le vert et le rouge : il reconnaît seulement le jaune et le bleu-violet. Quant aux autres couleurs, elles s’estompent en nuances de gris.
La confusion entre le jaune et le bleu est une forme moins commune de daltonisme : la personne distingue alors clairement le vert et le rouge.
L’incapacité complète à distinguer l’ensemble des couleurs est beaucoup plus rare.

A quoi c’est dû ?

L’anomalie qui provoque le daltonisme se situe au niveau de la rétine. Sur cette membrane qui tapisse la face interne de l’oeil, se trouvent les cellules photoréceptrices (appelées “cônes”) qui nous permettent de percevoir les couleurs. Il existe 3 types de cônes : les cônes “rouges”, les cônes “verts” et les cônes “bleus”, qui sont sensibles à des pigments spécifiques. Si un type de cône fonctionne mal ou est absent, le cerveau ne reçoit pas l’information qui lui permet de décoder la couleur.
Une personne qui perçoit l’ensemble des couleurs est dite “trichromate normale” : cela signifie qu’elle possède les 3 types de cônes qui fonctionnent correctement.
Si les cônes sont présents mais que l’un des pigments est altéré, cela entraîne une légère altération de la vision colorée, souvent peu gênante dans la vie quotidienne : on parle de “trichromatisme anormal”.
Chez les personnes daltoniennes, un des types de cônes manquent (généralement le rouge, plus rarement le bleu ou le vert) : on dit qu’ils sont “dichromates”. (Les personnes “protanopes” ne voient pas le rouge, les “deutéranopes” ne voient pas le vert et les “trinatopes” ne voient pas le bleu.)
Beaucoup plus exceptionnellement, deux types de cônes peuvent manquer : on parle de “monochromatisme”. Encore plus rarement, si les 3 types de cônes sont absents (“achromatisme”), la personne vit dans un monde en noir et blanc, et en nuances de gris.

Une anomalie héréditaire

Le daltonisme touche essentiellement les hommes. Le gène du daltonisme est porté par le chromosome sexuel X. Ce gène est dit “récessif”, ce qui signifie qu’il suffit de la présence d’un gène normal pour que l’affection ne s’exprime pas.
Chez la femme, qui possède deux chromosomes X, la présence d’un gène anormal est le plus souvent compensée par un gène normal sur le second chromosome X. La femme peut donc être porteuse du gène du daltonisme et le transmettre à ses enfants, sans pour autant être atteinte de ce trouble. Pour être elle-même daltonienne, elle doit avoir reçu des chromosomes altérés à la fois de son père et de sa mère, ce qui est beaucoup plus rare.
Chez l’homme, qui possède un chromosome X et un chromosome Y, le gène anormal transmis génétiquement ne peut être compensé. Ainsi, ce trouble affecte une proportion plus élevée d’hommes. Lorsqu’ils sont atteints, les hommes ne transmettent jamais le gène à leurs fils, mais toujours à leurs filles (via le chromosome X).

Comment le dépister ?

Le dépistage du daltonisme est simple et rapide. Il est souvent (mais pas systématiquement) réalisé au cours de la première visite médicale à l?école (vers 6 ans). Il existe cependant des tests pour déceler le daltonisme dès l’âge de 3 ans.
Le daltonisme est repéré à l’aide de planches qui représentent des chiffres ou des dessins formés de points colorés sur un fond d?une autre couleur. Le test le plus courant est celui d?Ishihara, il contient une dizaine de planches qui représentent des lettres et des chiffres orangés sur fond vert, verts sur fond orange… Le daltonien ne peut distinguer le chiffre ou le dessin car il confond la teinte du dessin avec celle du fond. Sur le web, vous pouvez faire le test à l’adresse suivante : www.bienvoir.net/rubriques/test4.php3
On ne peut quantifier précisément le déficit coloré chez un jeune enfant. Mais le diagnostic précoce est important en raison des conséquences scolaires et professionnelles.
L’évaluation précise du type de daltonisme est effectuée lorsque l’enfant est capable de collaborer suffisamment aux tests (vers 10 ans).
Une fois l’anomalie connue, elle ne nécessite aucune surveillance particulière.

Un problème d’orientation professionnelle

Le principal problème lié au daltonisme est qu’il interdit certaines professions qui font appel à des signaux colorés : métiers des transports (aviation, chemins de fer, autobus, transports publics…), de la sécurité (pompiers, policiers…), de la peinture, cinéma, électricité, recherche scientifique liée à des expériences chimiques.
Il est important que les jeunes daltoniens connaissent leur anomalie avant de choisir leur orientation scolaire et professionnelle : : il arrive malheureusement trop souvent que de jeunes hommes se voient refuser l’accès à certaines professions pour lesquelles ils ont suivi des études, car leur daltonisme n’a pas été dépisté à temps.
De très nombreux métiers sont accessibles aux daltoniens même lorsque l’anomalie est importante. L?absence de vision de certaines couleurs peut être un avantage dans certains domaines graphiques.

Bon à savoir

Signalez à votre médecin tout antécédent familial connu : en général, un grand-père, un oncle ou un cousin dans la famille de la mère. Il est également possible que l’anomalie n’ait pas été décelée chez les ascendants.
Soyez attentifs aux erreurs de couleurs dans la vie quotidienne. Consultez votre ophtalmologiste si votre enfant se trompe dans l’attribution des couleurs, notamment au niveau de l’habillement, des jeux vidéos, des dessins… Les erreurs de l’enfant concernent généralement les couleurs vertes qui deviennent grises, et le rouge qui est perçu en vert.

Au quotidien

Adoptez une attitude compréhensive et dédramatisez. Il sera difficile à l’enfant d’éviter les quolibets de ses camarades. N’y rajoutez pas vous-mêmes de réprimandes. Aidez votre enfant à accepter son anomalie.
Un enfant daltonien est gêné à l?école lorsqu?il doit choisir la couleur d?un crayon, d’un cahier ou encore interpréter certaines réactions en cours de chimie. Vous pouvez coller des étiquettes sur les cahiers et même sur les crayons pour que l’enfant ne se trompe pas en classe. Pensez aussi à prévenir ses professeurs : la couleur a un rôle important dans l’apprentissage de la lecture et du calcul, mais aussi en géographie, en chimie, en électronique, et dans les activités artistiques.
Attention aux dangers de la rue ! Les enfants daltoniens ne distinguent pas le rouge du vert. Vous devez leur apprendre à traverser en identifiant la position du feu vert par rapport au feu rouge, et en distinguant le personnage qui marche de celui qui est l?arrêt.

Lorsque l’altération des couleurs a une autre origine

Le daltonisme ne concerne que l’anomalie d’origine héréditaire. En revanche, certaines maladies (diabète, glaucome…) peuvent altérer la vision des couleurs. Ces anomalies apparaissent souvent à un stade précoce de la maladie. Contrairement au daltonisme, elles peuvent s’aggraver. Mais elles peuvent aussi être corrigées par le traitement de la maladie en cause.

Glaucome: la tension oculaire sous surveillance

Le glaucome se développe en général insidieusement dès la quarantaine. Il peut être d’origine héréditaire.

Qu’est-ce que c’est ?

Le glaucome est une affection de l’oeil caractérisée par une augmentation progressive ou brutale de la tension intra-oculaire.
L’hypertension dans les yeux résulte d’une difficulté, voire d’un blocage de l’écoulement du liquide (humeur aqueuse), normalement sécrété à l’intérieur de l’oeil.
On distingue traditionnellement 2 formes de glaucome : la forme aiguë et la forme chronique, de loin la plus fréquente, de nature héréditaire.
Elle se développe généralement de façon insidieuse dès la quarantaine. Des chocs traumatiques ou affectifs peuvent être aussi à l’origine de soudaines poussées.

Quels symptômes ?

Le glaucome connaît souvent une évolution très lente : il ne donne alors que des troubles légers pendant des années.
Les premières manifestations sont une vision axiale difficile, puis un rétrécissement progressif du champ visuel, avec picotements intermittents des yeux.
Une phase d’alerte peut survenir brusquement avec baisse rapide de la vision, sensations de halos colorés, globe oculaire douloureux, larmoiements.
En cas de crise aiguë : l’oeil devient rouge vif, la vision nulle, des maux de tête surviennent avec douleurs irradiantes et, très souvent, des nausées suivies de vomissements.

Quel traitement ?

Si vous reconnaissez des troubles annonciateurs, une consultation chez un ophtalmologiste s’impose. S’il suspecte un glaucome, le spécialiste procèdera à des examens afin de tester la vision périphérique et de détecter d’éventuelles lésions du nerf optique.
En cas de ”phase d’alerte” ou de ”crise aiguë”, consultez immédiatement un ophtalmologiste ou un service hospitalier spécialisé.
Enfin, ne prenez jamais de médicaments antispasmodiques (notamment à base de belladone ou d’atropine) en cas de glaucome chronique non évolutif : ils peuvent déclencher une crise aiguë.

CONSEILS PRATIQUES

En prévention, faites surveiller régulièrement votre tension oculaire : tous les 3 ou 4 mois, tout au long de votre vie. Il n’est pas toujours nécessaire de traiter une légère hypertension oculaire, surtout si le nerf optique ne présente aucune lésion.
En cas d’antécédents familiaux, faites pratiquer des tests chez les ascendants pour détecter un éventuel début de glaucome, avant même ses premières manifestations.
Chez les sujets hypertendus, une brusque chute de la pression artérielle peut favoriser une poussée de glaucome. Contrairement à une idée reçue, hypertension générale et hypertension de l’oeil ne vont pas de pair.

Kératite : traitez rapidement

Cette atteinte douloureuse de la cornée nécessite un traitement adapté à la cause de l’inflammation.

Qu’est-ce que c’est ?

La kératite désigne l’inflammation de la cornée.
Cette inflammation peut être d’origine infectieuse (microbienne, virale ou parasitaire) : herpès, conjonctivite voisine.
Elle peut aussi être liée à une agression extérieure : par exemple, traumatisme oculaire, gaz lacrymogènes ou autres substances chimiques…
La sécheresse de la cornée par manque ou mauvaise qualité des larmes, notamment en cas de port de lentilles, favorisent également le risque de kératite.

Quels symptômes ?

Sensation de gêne visuelle, de corps étranger dans l’oeil. Eventuellement baisse de l’acuité visuelle.
Douleur oculaire croissante.
Intolérance à la lumière.
Larmoiement. Eventuellement écoulement purulent.

Que faire ?

Consultez sans tarder votre médecin traitant ou votre ophtalmologiste (car une kératite peut évoluer vers une ulcération de la cornée et laisser des séquelles visuelles). Le traitement dépend de la cause de la kératite.
Les larmes artificielles, à instiller plusieurs fois par jour, permettent de soulager les yeux secs en l’absence de toute infection.
En cas de kératite infectieuse, des prélèvements locaux permettront de déterminer les germes en cause, et de mettre en place un traitement antibiotique à base de collyres ou pommades ophtalmiques.
Si la kératite est d’origine herpétique, des collyres ou pommades spécifiques sont nécessaires (Aciclovir® ou Zovirax® en pommade ophtalmique).
Le port de verres teintés peut soulager la douleur tant que dure l’inflammation.

CONSEILS PRATIQUES

Les collyres et pommades ophtalmiques ouverts ne doivent pas être conservés (ni utilisés !) au-delà de 15 jours. Passé ce délai, n’oubliez pas de les jeter.
N’utilisez jamais de collyre à la cortisone sans avis médical, car cela aggraverait une kératite herpétique débutante.
Au soleil, protégez-vous systématiquement les yeux avec de bonnes lunettes protectrices : impératif en mer et haute altitude. Pensez aussi aux lunettes si vous vous exposez sous lampe UV, et au masque protecteur en cas de soudure électrique.
Soignez votre alimentation qui doit être suffisamment riche en vitamine A (foie de poissons, oeufs, laitages) ou en provitamine A (légumes verts, carottes, tomates, fruits).