Le vaccin contre le zona, commercialisé sous le nom Shingrix, est remboursé dans le droit commun depuis un arrêté publié au Journal officiel le 10 décembre 2024. Cette intégration change la donne pour les personnes concernées : le prix est désormais encadré par le Comité économique des produits de santé (CEPS), et l’Assurance Maladie prend en charge une partie du coût en ville.
Shingrix dans le droit commun : ce que change l’arrêté de décembre 2024
Avant cette date, Shingrix n’était disponible qu’en rétrocession hospitalière. Les patients devaient se procurer le vaccin via une pharmacie hospitalière, avec un prix souvent plus élevé et un parcours de remboursement complexe.
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L’arrêté du 10 décembre 2024 a mis fin à cette situation. En intégrant Shingrix dans le droit commun, le CEPS a négocié un prix encadré pour la dispensation en officine de ville. L’écart de coût entre l’hôpital et la pharmacie de quartier s’en trouve réduit.
Concrètement, le vaccin peut maintenant être prescrit par un médecin, acheté en pharmacie et administré sur place, sans passer par une structure hospitalière. Ce circuit simplifié facilite l’accès à la vaccination pour les personnes éligibles.
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Taux de remboursement du vaccin zona par l’Assurance Maladie
Depuis le 14 décembre 2024, Shingrix est remboursé à 65 % par l’Assurance Maladie pour les populations ciblées par les recommandations vaccinales. Ce taux s’applique aux adultes de 65 ans et plus, ainsi qu’aux adultes immunodéprimés dès 18 ans.
Le reste à charge correspond donc au ticket modérateur de 35 %. Pour un vaccin dont le prix est encadré, ce ticket modérateur représente une somme bien inférieure à ce que payaient auparavant les patients non remboursés.

Le schéma vaccinal de Shingrix comporte deux doses espacées de deux mois. Le remboursement à 65 % s’applique à chaque dose, ce qui signifie que le reste à charge total porte sur les deux injections.
Reste à charge zona : le rôle de la mutuelle santé
Le ticket modérateur de 35 % laissé par l’Assurance Maladie peut être pris en charge, en totalité ou en partie, par une complémentaire santé. La couverture dépend du contrat souscrit.
- Les contrats responsables couvrent généralement le ticket modérateur sur les vaccins remboursés, ce qui ramène le reste à charge à zéro pour Shingrix
- Certaines mutuelles d’entrée de gamme plafonnent la prise en charge des vaccins, laissant un reliquat à payer
- Les patients bénéficiant de la complémentaire santé solidaire (C2S) sont exonérés de ticket modérateur et ne paient rien
Pour les personnes immunodéprimées reconnues en affection de longue durée (ALD), le remboursement peut atteindre 100 % par l’Assurance Maladie, sans besoin de solliciter la mutuelle.
Qui est éligible au remboursement du vaccin Shingrix
Les recommandations vaccinales définissent deux grandes catégories de bénéficiaires. Le remboursement ne concerne que ces profils.
Adultes de 65 ans et plus
La vaccination est recommandée pour tous les adultes à partir de 65 ans, même ceux ayant déjà eu un zona ou ayant reçu l’ancien vaccin Zostavax. L’âge constitue le principal facteur de risque de zona et de névralgies post-zostériennes, ces douleurs persistantes qui touchent un quart des personnes de plus de 75 ans atteintes de zona.
Adultes immunodéprimés dès 18 ans
Les personnes présentant une immunodépression liée à une maladie ou à un traitement sont éligibles sans condition d’âge. Cela inclut certaines pathologies chroniques comme l’insuffisance rénale chronique ou la BPCO, pour lesquelles les recommandations ont été actualisées.
Cette extension progressive des profils éligibles a un impact direct sur le reste à charge : des patients qui devaient auparavant financer la totalité du vaccin bénéficient désormais du remboursement à 65 % avec complément possible par la mutuelle.
Shingrix et Zostavax : prix et différences de prise en charge
Zostavax, le vaccin vivant atténué contre le zona, a longtemps été la seule option disponible. Il a été progressivement remplacé par Shingrix, un vaccin inactivé avec adjuvant, dont l’efficacité est nettement supérieure.
| Critère | Shingrix | Zostavax |
|---|---|---|
| Type de vaccin | Inactivé (sous-unitaire adjuvanté) | Vivant atténué |
| Nombre de doses | 2 doses (espacement de 2 mois) | 1 dose unique |
| Remboursement Assurance Maladie | 65 % depuis décembre 2024 | N’est plus commercialisé en France |
| Personnes immunodéprimées | Autorisé et recommandé | Contre-indiqué |
Ce tableau résume la transition entre les deux vaccins. Zostavax ne peut plus être prescrit ni administré, ce qui simplifie le parcours vaccinal : seul Shingrix est disponible et remboursable.
Prescription et administration du vaccin zona en ville
L’un des changements pratiques liés à l’intégration dans le droit commun concerne les professionnels habilités à prescrire et administrer le vaccin.
- Le médecin traitant prescrit le vaccin et peut l’administrer au cabinet
- Le pharmacien d’officine peut délivrer Shingrix et, dans certains cas, réaliser l’injection sur place
- Les sages-femmes et infirmiers peuvent administrer le vaccin sur prescription médicale
La consultation de prescription est prise en charge dans les conditions habituelles. L’injection elle-même est remboursée comme un acte infirmier ou pharmaceutique selon le professionnel qui la réalise.
Pour les personnes hésitant sur leur éligibilité, le calendrier vaccinal en vigueur et le site vaccination-info-service détaillent les recommandations par profil. Un échange avec le médecin traitant reste le moyen le plus fiable de vérifier si la vaccination est indiquée et remboursée dans sa situation.

