En France, près de 85 % des femmes consomment quotidiennement des boissons caféinées, même en période de grossesse. Pourtant, les recommandations officielles varient selon les pays et les études scientifiques ne convergent pas toujours sur les seuils à ne pas dépasser.
Selon la marque, la recette ou la préparation, la quantité de caféine peut varier du simple au triple. Dans ce contexte, beaucoup de femmes enceintes ajustent leur consommation à l’aveugle, sans boussole fiable pour estimer leur exposition réelle.
Grossesse et caféine : ce qu’il faut vraiment savoir
La caféine franchit facilement la barrière placentaire. Quand une femme attend un enfant, son organisme évacue la substance plus lentement, ce qui prolonge sa présence dans le sang et amplifie certains effets. Un excès peut entraîner un risque accru de faible poids de naissance ou un retard de croissance intra-utérin. La limite fixée se situe autour de 200 mg par jour : deux tasses de café filtre ou trois de Nescafé atteignent vite ce seuil.
La vigilance ne concerne pas uniquement le café. Thé, sodas, boissons énergisantes, voire quelques médicaments, s’ajoutent au total quotidien. Compter toutes les sources devient indispensable pour rester sous la barre des 200 mg quotidiens.
Pour évaluer plus concrètement la teneur en caféine des principales boissons, voici quelques repères utiles :
- Une tasse de café filtre (150 ml) contient entre 90 et 120 mg de caféine
- Une tasse de Nescafé : de 60 à 80 mg
- Un verre de Coca-Cola (250 ml) : entre 25 et 35 mg
- Un thé noir : 30 à 50 mg
Les effets de la caféine ne se limitent pas au sommeil ou au rythme cardiaque. Plusieurs études pointent qu’une consommation trop élevée peut favoriser un retard de croissance intra-utérin chez le bébé. Il apparaît donc judicieux de surveiller de près sa consommation, sachant que tout le monde ne métabolise pas la caféine à la même vitesse. Le mode de vie et la physiologie entrent aussi en jeu.
Nombreuses sont celles qui ignorent que la caféine se glisse parfois là où on ne l’attend pas : sodas, chocolat, desserts industriels. Un goûter anodin ou quelques carrés de chocolat noir peuvent faire grimper le compteur plus vite qu’on ne le pense.
Nescafé, Coca-Cola, thé, tisanes : quels impacts sur la santé de la future maman et du bébé ?
Le choix des boissons ne se résume plus à la simple tasse du matin. Nescafé et Coca-Cola occupent le haut du classement, le thé et les tisanes s’installent de plus en plus dans le quotidien.
Avec le Coca-Cola et les boissons gazeuses, c’est un mélange de caféine et de sucres rapides qui s’invite. Cette combinaison contribue à la prise de poids et au diabète gestationnel, deux facteurs qui compliquent la fin de la grossesse et augmentent parfois le poids de naissance du bébé.
Les versions light ou zéro du cola paraissent rassurantes, mais la présence d’édulcorants continue d’alimenter le débat : certaines recherches examinent leurs effets éventuels sur le métabolisme du futur enfant, sans consensus ferme à ce jour.
Du côté du thé noir, la teneur en caféine est inférieure à celle du café, mais à force de boire plusieurs tasses, on grimpe vite. Quant aux tisanes, elles peuvent être une bonne alternative à condition d’éviter les plantes comme la réglisse ou la sauge aux effets indésirables sur la tension ou l’utérus.
Résultat : la diversité des boissons invite à la prudence sur tous les fronts. Caféine, sucres, ingrédients végétaux, édulcorants : chaque détail compte, pour la mère comme pour le bébé. Trop de caféine ou de sucre, et c’est le risque de retard de croissance, de prise de poids excessive ou de déséquilibre métabolique qui ressurgit.
Faut-il s’inquiéter de la caféine et des autres ingrédients présents dans ces boissons ?
Côté caféine, la recommandation reste invariable : ne pas dépasser 200 mg chaque jour, ce qui équivaut à deux cafés filtre ou trois canettes de Coca-Cola. Passer cette limite, c’est prendre le risque d’un faible poids de naissance ou d’un retard de croissance intra-utérin pour l’enfant à naître, résultats corroborés par de grandes analyses.
D’autres ingrédients invitent aussi à la modération. Le sucre est omniprésent dans les sodas, une canette de Coca-Cola contenant environ 35 g, soit sept morceaux. Répéter ce geste quotidiennement favorise la prise de poids et le développement d’un diabète gestationnel. Les versions « light » ou « zero » utilisent différents édulcorants comme l’aspartame, dont l’innocuité durant la grossesse ne fait pas l’objet d’un consensus. Quelques recherches évoquent leur influence potentielle sur la tolérance au glucose ou le métabolisme du bébé.
Prenez aussi en compte la présence d’ingrédients comme le colorant E150d, qui apporte la teinte caramel du cola, ou l’acide phosphorique, ajoutés pour l’équilibre des boissons. Ils sont réglementés, mais consommés régulièrement, surtout si l’apport en calcium est insuffisant, ils pourraient impacter la minéralisation osseuse de la mère.
Voici les points à surveiller de près lorsqu’on veut limiter les risques :
- Vérifiez la caféine de toutes les boissons et aliments, pas seulement du café.
- Faites le point sur la quantité de sucre et d’édulcorants consommée au fil de la journée.
- Soyez attentif à l’effet cumulatif : caféine, sucre, additifs, tout finit par s’additionner et peser sur la santé de la mère ou du bébé.
Des habitudes à adopter pour profiter sereinement de vos boissons préférées pendant la grossesse
L’eau reste à privilégier : elle hydrate, accompagne les repas et ne présente aucun risque connu. Les tisanes non sucrées à base de camomille ou de verveine offrent de la variété, à condition d’opter pour des plantes adaptées à la grossesse. Les boissons végétales enrichies en calcium, sans sucre ajouté, peuvent également avoir leur place dans la routine quotidienne.
Pour le café, surveillez la dose de caféine. Une tasse de Nescafé correspond souvent à 60-80 mg de caféine. Additionnez-y celle des autres boissons de la journée, comme les sodas. Une canette de Coca-Cola, c’est environ 32 mg de plus. Se fixer une limite concrète évite les mauvaises surprises.
Quant au Coca-Cola et aux sodas sucrés, la modération doit guider chaque consommation. Privilégiez les petits formats, réservez-les à des moments précis, et ne misez pas aveuglément sur les variantes « light » ou « zero », dont les effets restent discutés pour la grossesse.
Pour mieux réguler vos habitudes, voici quelques conseils utiles :
- Pensez à boire un grand verre d’eau entre deux boissons sucrées
- Le soir, privilégiez les boissons chaudes dépourvues de caféine
- Interrogez-vous régulièrement sur vos quantités et vos fréquences de consommation
Ajustez la routine, écoutez vos sensations. Pendant la grossesse, chaque choix n’est jamais anodin : la vigilance sur ces petits éléments façonne parfois bien plus qu’on ne l’aurait imaginé.

